L’œuvre
Gérard Gasiorowski

Le graphiste Frederich Teschner évoque les autoportraits pleins d’humour et de dérision du peintre Gérard Gasiorowski.
Propos recueillis par Timothée Chaillou

« Cela fait longtemps maintenant que l’œuvre de Gérard Gasiorowski scintille avec persistance dans mon imaginaire et éclaire, du feux de sa luciole, le regard que je porte sur le spectacle du monde. Totalement indissociable de son œuvre, la vie de l’artiste, traversée de phases de doute, de moments de replis et d’instants de fulgurances artistique, fascine et impose le respect. Dans une quête obsessionnelle, passionnée et radicale, Gasiorowski rechercha toute sa vie durant, un état, une posture mentale philosophique et morale, lui offrant la légitimité de peindre, la possibilité d’accéder, selon ses dires, au « grand fleuve de la peinture ». Les noms de ses œuvres, magnifiquement poétiques, (Albertines disparue, Les impuissances, Les symptômes, La fuite du côté de Barbyson, etc.) évoquent ces longues traversées solitaires où l’artiste expérimente la pratique de l’art avec un total engagement, jusqu’à la perdition. Mais cet artiste ne me toucherait pas autant, si son art virtuose ne contenait pas cet humour grinçant, cette forme d’auto-dérision, qui rend l’œuvre toujours plus complexe et insaisissable, à l’image de cette série d’autoportraits hâtivement peinte au couteau en 1974, d’une facture grotesque, violente et résolument insolente. »

www.fredericteschner.com

http://www.timotheechaillou.com/files/gimgs/192_grardbouffona.jpg
Gérard Gasiorowski
Autocritique du bouffon...,1974