Thomas Ostermeier
Numéro - N°138, November 2012

« L'une de mes œuvres préférées est sans hésitation celle d'Oda Jaune et plus particulièrement ses aquarelles du livre First Water (Hatje Cantz, 2010). Oda ne fait aucun dessin préparatoire, ses «peintures « à l'eau dans l'eau » sont irréversibles, sans aucune possibilité de correction - à l’inverse de la peinture à l'huile. Cette virtuosité technique et la justesse dans l'association des sujets, qui ne sont en aucun cas plaisants, m'intrigue. Cela me rappelle l'écriture automatique, par laquelle on tente d’établir un contact avec notre subconscient pour qu’il devienne notre source principale d'inspiration. Il y a un rapport très intéressant entre les œuvres d’Oda et mon travail de directeur de théâtre. Mes principaux sujets sont, entre autres, l'enfance, le sexe, la maternité, la tension entre les hommes et les femmes, la violence, la mort - et la vue désespérante du renouvellement inexorable des générations. J'ai le sentiment, en regardant les œuvres d’Oda, qu’une histoire s’inscrit dans le contexte des sujets que je viens de mentionner. Elle ne se contente pas d'imiter ce qu'elle a déjà vu et c'est ce que j'essaye également de faire en tant que directeur : trouver une façon d'imiter mes propres expériences et celles de mes acteurs. »

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Oda Jaune
Sans titre, 2008