Claude Lévêque - La maison des mensonges
[mac], Marseille
Verso - N°43, October 2006

« Ce que je voulais c’était créer un impact sur les visiteurs, provoquer des mises en situation d’ordre sensoriel qui impliquent l’affect et les lieux communs de chacun. » Claude Lévêque

Cinq espaces parallèles forment des histoires au sein d’un récit fictionnel. Envahi par des bruits et des aires de lumière qui éprouve le corps, le visiteur imagine un parcours à « la lisière de la magie vers l’inquiétude ».

Lumière blanche, bruit de feu, voilages blancs.

Un couloir qui nous fait prendre de la hauteur. Une salle d’apparat, une allée vers le feu – la lumière promise. Féerie vaporeuse, à toucher du bout des doigts, dissipée par le son des braises. Le décor négocie sa place et soulève le voile pour s’inscrire dans la réalité.

Lumière bleue, bruit de triangle, enjoliveurs.

À l’enfilade, deux rangées sur chaque mur d’une collection d’enjoliveurs qui se font face. Boucliers, perles, métaphores du mensonge ; ils vibrent au son d’un triangle qui rythme une fébrilité d’avant ou d’après combat. Rapport de force sous la fraîcheur d’un vide bleu. Déclencheur d’énergie.

Lumière rouge, bruit de circulation, clôture de jardin.

Les clôtures de jardins auquel on s’accrochait enfant pour surprendre la circulation ne sont plus à notre hauteur et seul le bruit reste persistant, imprimé. Elles sont en suspension piques tirés vers nous. En joue. Dans ce plus simple effet, le danger est en attente.

Lumière blanche, silence, lustres et éléments d’isolation.

Salle tampon, plus de bruit qui irrite nos oreilles. Les murs recouverts de mousse d’isolation phonique soulèvent le paradoxe de la sécurité du capitonnement et l’agression de ces pointes dirigées vers nous. Pas de confort sous ces simples lustres. Être étranger de son propre silence.

Lumière blanche, bruit de vaisselle cassées et objets métalliques, ampoules derrière des lattes de bois.

La lumière inscrit l’espace ; elle est le climat du doute. Les ampoules clignotent, grésillent, suspendent leur vérité. Inatteignables elles ne peuvent être réparées. Vaisselle cassée pour la fin d’une histoire héroïque, où la menace serait celle des choses à demi dites.

Le corps s’en va chargé, larmes aux yeux.

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